Présentation et commentaires de quelques calligraphies :
|
|||||||
![]() |
(1/1) « Dieu est la Lumière des Cieux et de la Terre » (Cor. 24 : 35) Les hampes très allongées
symbolisent la transcendance et lunité de Dieu. Elles évoquent
la descente de la parole divine des Cieux vers la Terre, sous la forme
des lettres de la langue sacrée. Celles-ci font rayonner la lumière
invisible de Dieu dans le monde. En même temps, on remarque la présence
de flèches dirigées vers le haut, comme signes du retour
à Dieu à partir de Sa parole. |
||||||
![]() |
|||||||
![]() |
|||||||
|
(2/1-5) Différentes formes, en style kûfî « fleuri », de la formule « au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux », qui montrent la richesse des possibilités de représentation de la parole divine. |
(3) Kûfî
« géométrique » |
||||||
|
Les formes statiques du style kûfî sont renforcées par la forme carrée de la composition. Celle-ci représente un labyrinthe, symbole du voyage spirituel de lhomme vers Dieu au cours de lexistence. A première vue, la calligraphie semble incohérente et discontinue. En réalité, elle a un sens de lecture, donné par la parole même de Dieu, un sens concentrique qui indique le retour de lhomme vers le Centre divin. La calligraphie allie stabilité extérieure et mouvement intérieur, manifestations des Noms divins cités dans le verset : « Limmuable » (al-Qayyûm) et le « Vivant » (al-Hayy). (3/2) « Dieu », en noir
et en blanc |
|||||||
| (4) Le style naskhî Le style naskhî sapparente à une écriture cursive dont lallure est plus fluide, et qui fond les lettres en un seul mouvement continu, horizontal, qui correspond à la dimension du devenir et du changement. Son rythme mélodieux symbolise le flot inépuisable de la Parole coranique. |
|||||||
![]() |
(4/1) « Dieu possède les clefs de lInvisible que Lui seul connaît parfaitement. Il connaît ce qui est sur la terre et dans la mer. Nulle feuille ne tombe sans quIl le sache. Il ny a pas un grain dans les ténèbres de la terre, ni rien de vert ou de desséché, qui ne soit consigné dans un Livre explicite. » (Cor. 6 : 59) Cette composition fait apparaître
le nom de Dieu comme un élément qui nentre pas dans
le mouvement du verset calligraphié. Cette indépendance
du nom divin affirme la transcendance et limmutabilité de
Dieu, tandis que la Parole divine renvoie à Son immanence dans
le temps et lespace, soulignée par le style naskhî.
|
||||||
| (5) Le style thuluth Le style thuluth représente une synthèse des deux tendances calligraphiques précédentes, kûfî et naskhî. Il développe harmonieusement les dimensions verticale et horizontale de lécriture arabe : à la répétition incisive des verticales répond, dans le sens du courant horizontal, la mélodie des courbes amples et variées. Tout lespace est rempli, les mots ne suivent pas forcément le sens de la lecture. Le style thuluth révèle léquilibre entre la Transcendance et lImmanence divines. Cette écriture est comme linlassable attestation de lUnité et de lOmniprésence de Dieu. (5/1) Basmala
avec des hampes entrelacées. (5/2) « Quant aux bienfaits que vous avez, ils viennent de Dieu. » (Cor. 16 : 53) Lampleur et la courbure des lettres semblent ici manifester lexpansion de lâme, dans la satisfaction et la reconnaissance à légard des bienfaits de Dieu. |
![]() |
||||||
| (6) Le style dîwânî
Moins impersonnel, il se différencie des styles précédents par sa souplesse, les grandes envolées à la fin des mots, la multiplicité des éléments entrant dans la composition calligraphique. Cette écriture évoque lamour divin et les élans spirituels du croyant. |
|||||||
![]() |
(6/1) « Dis : Seigneur, fais-moi
entrer par une entrée de sincérité et fais-moi sortir
par une sortie de sincérité, et accorde-moi de Ta part une
autorité victorieuse. »
(Cor. 17 : 80) Par son rythme saccadé, cette calligraphie rappelle la contraction et lexpansion de lâme qui ne peut trouver son apaisement que dans le souvenir de Dieu qui vivifie le cur, réceptacle de la Présence divine. Selon une tradition prophétique, la « perfection » contemplative consiste « à adorer Dieu comme si tu le voyais, car si tu ne le vois pas, Lui te voit. » La répétition de boucles identiques fait écho à la signification symétrique du verset : promesse de la contemplation de Dieu. |
||||||