L’appel du Pape François pour la Paix dans le monde

Les musulmans de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques ont partagé l’appel, lancé par le Pape François, « à la prière et au jeûne » pour la paix dans le monde, ce samedi 7 septembre.

Il s’agit d’un rappel prophétique, qui devrait permettre d’éviter un conflit à court ou à long terme, qu’il soit petit ou grand, justifié ou non, en incitant tout un chacun d’aller au-delà des motivations, du calcul des conséquences ou des contingences, pour saisir la nécessité de donner la priorité à une raison supérieure, la défense de la vie, de la terre et de la paix qui doivent être sauvegardées indépendamment des motivations personnelles, des démonstrations scientifiques ou des arguments politiques.

Chaque croyant de toute confession religieuse est sensible à la communication d’un rituel, qui ne remplace pas la possibilité d’une action diplomatique concrète et sagement concertée au niveau international, mais qui rapelle aux véritables religieux la priorité du « souvenir de Dieu », comme seul et unique antidote à la dégénérescence de la violence et à l’aggravation de la crise de l’humanité.

Le « souvenir de Dieu » est la pratique que les ordres contemplatifs, dans la dimension intérieure de l’Islam, le soufisme, ont le devoir de faire tous les jours dans toutes les activités publiques et privées et ne fait que rétablir cette perspective que la nature humaine retrouve ses plus nobles correspondances symboliques et opérationnelles. L’ « oubli de Dieu », cependant, réduit les rituels de prière en paroles vaines et transforme la religion en idéologie ou en apologie totalitaire.

Pour cette raison, l’appel du Pape François prend une valeur toute particulière et urgente. Parce que la prévention de la dégénérescence de la guerre civile en Syrie appelle chaque croyant à l’authenticité de son identité spirituelle, qui n’a rien à voir avec la révolution ou les printemps arabes ou avec le militantisme du « parti de Dieu », mais en l’aidant à retourner et à inspirer le sens plus profond et essentiel de sa vie sur terre permettant, dans la prière et dans le jeûne, de retrouver une fraternité et une paix à la fois intérieure et extérieure.

Bienheureux Jean-Paul II, en son temps, s’était fait le témoin d’un moment de prière sainte en Syrie même, à Damas, lors de la visite qu’il effectua à la mosquée des Omeyyades, qui conserve le souvenir du prophète islamique Yahya, Jean le Baptiste. Il n’est pas étonnant que c’est sur les rives du Jourdain, là où Jésus a reçu le baptême, que le Roi AbdAllah et la reine Rania ont voulu rencontrer, la semaine dernière, le Pape François, avant la conférence de Amman sur les défis des Arabes chrétiens, à laquelle participe en ce moment le Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, le Cardinal Jean Louis Tauran, que nous avons retrouvé avec affection au Meeting récent de Rimini.

Le dialogue interreligieux et la question des Arabes chrétiens nous trouvent naturellement sensibles, en tant qu’Européens musulmans, au « cri qui monte » de la terre, ce qui nous rappelle la voix d’Israël en Egypte ou celle du même Jean-Baptise dans le désert. C’est un cri qui n’a rien à voir avec le bruit et les hurlements de ceux qui sèment la zizanie sous le prétexte de revendications territoriales ou idéologiques. C’est le cri des Prophètes, comme celui du Pape François, c’est un cri adressé à Dieu qui rapproche, au service de la Paix authentique, tout croyant du monothéisme d’Abraham.

Le début imminent du nouvel an juif, qui coïncide avec la journée de Prière et de Jeûne promue par le Pape François, doit être une occasion, y compris pour tous les musulmans et les religieux en Occident et en Orient, de réflexion sérieuse et de nouvelle espérance, en soutien au travail patient que les diplomaties éclairées sauront garantir pour favoriser le commandement de l’Amour pour Dieu, pour le prochain et pour le Bien commun.