Participation de l’IHEI à la 1ère réunion de l’instance de dialogue avec l’islam

Quatre membres de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques (IHEI) ont été invités par Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, à prendre part à la première réunion de la nouvelle instance de dialogue avec l’islam, qui s’est tenue au ministère de l’Intérieur, lundi 15 juin 2015.

 

Les membres de l’IHEI ont accueilli cette invitation comme un signe de reconnaissance de la part des pouvoirs publics pour les actions et réflexions que l’IHEI mène depuis plus de vingt ans, afin de favoriser la présence sereine et constructive de l’islam et des musulmans en France et au-delà.

 

Environ 150 responsables et acteurs musulmans (représentants du CFCM, fédérations, imams, société civile, etc.), ainsi que des fonctionnaires et représentants institutionnels, ont participé à cette journée de dialogue et de réflexions, qui s’est articulée autour de quatre ateliers thématiques.

 

Le vice-président de l’IHEI, AbdAllah Yahya Jean-Michel Darolles, a participé, aux côtés de Abd-al-Wadoud Jean Gouraud, à l’atelier portant sur « l’islamophobie et l’image de l’islam ». Ils ont rappelé la nécessité de promouvoir une meilleure connaissance de l’islam authentique, dans sa dimension spirituelle et intellectuelle, en réponse aux phénomènes de la radicalisation et de l’islamophobie.

 

Le Directeur de l’IHEI, Abd-al-Haqq Bruno Guiderdoni, quant à lui, était présent dans l’atelier sur « la formation des imams », où il a notamment pu présenter l’exemple et l’expérience de la double formation, mise en place à Lyon avec le soutien de la Préfecture du Rhône, avec le Certificat « Connaissance de la laïcité » de l’Institut Français de Civilisation Musulmane (IFCM), organisé en coordination avec le Diplôme d’Université « Religion, liberté religieuse et laïcité », proposé par l’Université Lyon 3 et l’Université catholique de Lyon.

 

Farah Anne Le Signor, enfin, a pris part à l’atelier consacré aux « pratiques rituelles », sujet sur lequel l’IHEI a apporté son expertise dès les débuts de l’organisation du culte musulman en France.

 

A travers ces différents ateliers et les échanges avec les responsables musulmans et les représentants institutionnels, cette participation a permis aux membres de l’IHEI d’apporter la contribution d’intellectuels musulmans, français de culture et d’origine, qui peut aider à préciser les contours d’un modèle de l’islam de France, incluant la spécificité française et l’authenticité de l’identité religieuse musulmane, et sensible au pluralisme religieux et interculturel.


Valeurs d’islam, république et citoyenneté : Pluralisme religieux, lectures du Coran

Le 14 juin, le directeur de l’IHEI, Abd-al-Haqq Ismaïl Guiderdoni est intervenu dans le cadre du colloque « Valeurs d’islam, république et citoyenneté », organisé par la Fondation pour l’innovation politique, dont nous félicitons le directeur Dominique Reynié pour la qualité de son travail mais aussi pour le courage dont il fait preuve en mettant en avant la dimension spirituelle et universelle des valeurs d’islam, parfaitement compatible avec le contrat social de la république française.

 

Aux côtés de personnalités et d’intellectuels musulmans, parmi lesquels la Sénatrice Bariza Khiari, l’islamologue Eric Younès Geoffroy et l’imam Tareq Oubrou, lors de la table-ronde « Pluralisme religieux, Lectures du Coran », A. Guiderdoni a rappelé qu’il fallait « apprendre à gérer de façon constructive notre diversité interne ».

 

Mentionnant l’exemple du Prophète lui-même qui, avec beaucoup de miséricorde et de bienveillance, s’adressait à ses interlocuteurs suivant leur degré de compréhension, nécessairement variable, il a souligné le fait que le Coran a été révélé « au nom du Dieu d’Amour et de Miséricorde », expression qui inaugure chacune des sourates (à l’exception de la sourate IX), et qui doit être considérée comme la « clef de lecture » par excellence du Coran. De tout temps, le littéralisme a tenté de réduire et d’enfermer les significations du texte révélé en prétendant limiter le champ de l’infini à une seule interprétation.

 

« Nous sommes dans un abaissement de la pensée islamique, mais peut-être même de la pensée humaine tout court », a-t-il ajouté, en faisant le lien avec ce que la science moderne découvre chaque jour du monde qui nous entoure. Se positionnant lui-même comme un chercheur en « sciences dures », il n’a pas hésité à affirmer que le Réel nous échappe, qu »il n’est pas « descriptible », et que, en réalité, toutes ces sciences contiennent plus de Vérité que de « vérités démontrables ». S’il faut apprendre à accepter la raison, a-t-il conclu, il faut en même temps savoir la dépasser.


Une invitation pour le Roi du Maroc et le Pape François

A l’occasion de la Journée Nationale du Maroc, à l’Exposition Universelle, qui se tient actuellement à Milan, une nouvelle syntonie entre l’Italie et le Maroc a vu le jour grâce à la participation d’une délégation de musulmans de la Co.Re.Is. italienne, guidée par le Shaykh Abd-al-Wahid Pallavicini.

Ce dernier a pu saluer Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa, sœur du Roi du Maroc, et l’a invitée à visiter la mosquée Al-Wahid, à Milan. A cette même occasion, le Shaykh Abd-al-Wahid Pallavicini lui a remis une lettre, adressée à Son Altesse le Roi Muhammad VI, renouvellant l’invitation à venir à Milan pour une rencontre unique avec le Pape François.

Cette rencontre au sommet, avec les autorités de l’islam et du christianisme, s’inscrirait dans la continuité d’un dialogue institutionnel, initié par Saint Jean-Paul II, en 1986, à Assise. C’est en hommage à cet esprit d’Assise que le Shaykh Abd al-Wahid Pallavicini a participé, lors de la Foire du livre, à Turin, à la présentation du livre œucuménique d’Alain Eckann, Cheminer ensemble, où sont présentées trois figures importantes du dialogue interreligieux avec lesquels le Shaykh Abd al-Wahid Pallavicini témoignent d’une recherche spirituelle, véritable pèlerinage vers le Centre de notre vie.


« Lève les yeux au Ciel : les voix des religions contre le terrorisme »

Quelques jours après les événements tragiques de Tunis, le Théâtre Massimo a proposé à la ville de Palerme la première étape d’un projet artistique, culturel et interreligieux, né de la collaboration entre l’UCEI (Union des communautés juives italiennes), l’Institut sicilien d’études hébraïques, l’Archevêché de Palerme, et la Coreis (Communauté religieuse islamique) italienne.

Les voix, les textes et les musiques des trois grandes religions nées dans le bassin méditerranéen ont résonné symboliquement en ce lieu laïc qu’est le Théâtre Massimo, l’un des plus grands d’Europe. Une rencontre qui a réuni pour la première fois Emil Zrihan, chanteur de la Synagogue d’Askhelon (Israël), Raimundo Pereiro, chanteur de la Chapelle Sixtine à Rome, ainsi qu’Abd al-Wadoud Gouraud de la mosquée de Cergy et membre de l’IHEI.

Devant un public de près de 500 personnes, chants et récitations des textes sacrés de l’islam, du christianisme et du judaïsme, autour de la figure du prophète Jérémie, se sont alternés avec la voix de la soprano Lia Battaglia pour interpréter des morceaux des Lamentationes Jeremiae Prophetae de trois compositeurs baroques.

Dans ses lamentations, le prophète Jérémie appelle le peuple de Jérusalem à se convertir à Dieu avant qu’il ne soit trop tard.

Au lieu des paroles humaines, ou trop humaines, qui ont souvent tendance à s’exprimer dans des discours tout théoriques, c’est aussi la Parole d’Allah révélée au Prophète illettré qui s’est manifestée à travers la récitation des versets de la sourate Ibrahim (XIV).

Les signes de Révélation dans la langue sacrée semblaient ainsi témoigner de la Réalité divine unique et de la Tradition primordiale par la vocation à la pureté d’adoration dans une intention de conversion constante à Dieu.

Ce projet du Théâtre Massimo, en collaboration avec les Conservatoires de Palerme et de Trapani, est particulièrement significatif dans une ville comme Palerme, comme en témoigne, entre autres, la réplique de la pierre tombale et ses inscriptions en quatre langues (hébreu, latin, grec byzantin et arabe) qui est conservée à la Zisa, à l’image de l’ouverture et du dialogue entre langues, cultures et religions dont la Sicile constituait un centre non seulement géographique, mais aussi intellectuel et spirituel.