L’IHEI, acteur de l’islam de France


La question des rapports entre l’islam et la République est le dénominateur commun de plusieurs initiatives institutionnelles de haut niveau, qui ont été organisées en France au cours du mois de juin dernier. Un mois particulièrement riche pour l’Institut des Hautes Etudes Islamiques, qui a pris part activement à ces moments de dialogue et de réflexion autour de l’Islam de France et de son articulation avec les valeurs républicaines.


L’occasion, pour les membres de l’IHEI, de partager leur vision et leur expérience, mais aussi de présenter un certain nombre de propositions dans l’intérêt du bien commun. Ce fut le cas, notamment, à l’Assemblée nationale, le 10 juin, lors d’une réunion de travail avec un groupe de parlementaires issus des principales familles politiques, sur la mise en œuvre du dialogue entre l’islam et la République.


Colloque de Fondapol sur « Valeurs d’islam, république et citoyenneté »
14 juin 2015, Paris.


Le 14 juin, le directeur de l’IHEI, Abd-al-Haqq Ismaïl Guiderdoni est intervenu dans le cadre du colloque « Valeurs d’islam, république et citoyenneté  », organisé par la Fondation pour l’innovation politique.


Aux côtés de personnalités et d’intellectuels musulmans, parmi lesquels la Sénatrice Bariza Khiari, l’islamologue Eric Younès Geoffroy et l’imam Tareq Oubrou, lors de la table-ronde «  Pluralisme religieux, Lectures du Coran  », A. Guiderdoni a souligné le fait que le Coran a été révélé «  au nom du Dieu d’Amour et de Miséricorde  », expression qui doit être considérée comme la «  clef de lecture  » par excellence du Coran.


De tout temps, le littéralisme a tenté de réduire et d’enfermer les significations du Texte révélé en prétendant limiter le champ de l’infini à une seule interprétation. «  Nous sommes dans un abaissement de la pensée islamique, mais peut-être même de la pensée humaine tout court  », a-t-il ajouté, en faisant le lien avec la science moderne. Se positionnant lui-même comme un chercheur en «  sciences dures  », il n’a pas hésité à affirmer que le Réel nous échappe, qu’il n’est «  descriptible  ». S’il faut apprendre à accepter la raison, a-t-il conclu, il faut en même temps savoir la dépasser.

Intervention en ligne


1ère réunion de l’instance de dialogue avec l’islam de France
15 juin 2015, ministère de l’Intérieur


Quatre membres de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques ont été invités par Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, à faire partie de la nouvelle instance de dialogue avec l’islam. Nous y voyons un signe de reconnaissance de la part des pouvoirs publics pour les actions et réflexions que l’IHEI mène depuis plus de vingt ans, afin de favoriser la présence sereine et constructive de l’islam et des musulmans en France et au-delà.


La première réunion de l’instance de dialogue avec l’islam de France s’est tenue au ministère de l’Intérieur, lundi 15 juin 2015. Environ cent cinquante responsables et acteurs musulmans (représentants du CFCM, fédérations, imams, société civile, etc.), ainsi que des fonctionnaires et représentants institutionnels, ont participé à cette journée de dialogue et de réflexions, qui s’est articulée autour de quatre ateliers thématiques.


Le vice-président de l’IHEI, AbdAllah Yahya Jean-Michel Darolles a participé, aux côtés de Abd-al-Wadoud Jean Gouraud, à l’atelier portant sur «  l’islamophobie et l’image de l’islam  ». Ils ont rappelé la nécessité de promouvoir une meilleure connaissance de l’islam authentique, dans sa dimension spirituelle et intellectuelle, en réponse aux phénomènes de la radicalisation et de l’islamophobie.


Le Directeur de l’IHEI, Abd-al-Haqq Bruno Guiderdoni était présent dans l’atelier sur «  la formation des imams  », où il a notamment pu présenter l’exemple et l’expérience de la double formation, mise en place à Lyon avec le soutien de la Préfecture du Rhône, avec le Certificat «  Connaissance de la laïcité  » de l’Institut Français de Civilisation Musulmane (IFCM), organisé en coordination avec le Diplôme d’Université «  Religion, liberté religieuse et laïcité  », proposé par l’Université Lyon 3 et l’Université catholique de Lyon.  


Farah Anne Le Signor a pris part à l’atelier consacré aux «  pratiques rituelles  », sujet sur lequel l’IHEI a apporté son expertise dès les débuts de l’organisation du culte musulman en France.


Cette participation a permis aux membres de l’IHEI d’apporter la contribution des intellectuels musulmans, français de culture et d’origine, qui peut aider à préciser les contours d’un modèle de l’islam de France, qui inclut la spécificité française et l’authenticité de l’identité religieuse musulmane, et qui est sensible au pluralisme religieux et interculturel.


Forum « République et islam : ensemble, relevons le défi »
22 juin 2015, Assemblée nationale


Soutenant les initiatives qui entendent traiter la question des rapports entre la République et l’islam sans démagogie politicienne ni idéologisation des débats, mais, au contraire, dans une approche équilibrée et apaisée, l’IHEI a tenu à préciser, par la voie de son représentant Abd-al-Wadoud Gouraud, qu’il convient d’envisager citoyenneté, religion et culture dans l’unité, sans les confondre ni les opposer, comme les faces multiples d’une même identité. C’est dans cette perspective que l’on peut favoriser un vivre-ensemble équilibré, où les différences sont une richesse et non une source de conflits.


L’islam en soi n’a pas besoin d’être «  mis au goût du jour  » ou «  réformé  ». Il appartient néanmoins aux musulmans, avec l’aide des orientations des savants qualifiés de l’islam – et eux seulement –, de puiser aux sources spirituelles et intellectuelles de leur religion, pour savoir renouveler, ou mieux «  revivifier  » leur compréhension et leur interprétation du message authentique de l’islam, comme voie médiane, d’équilibre et de juste milieu, loin de tout littéralisme aveugle, conservatisme anachronique ou réformisme désacralisant.

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