« Lève les yeux au Ciel : les voix des religions contre le terrorisme »


Quelques jours après les événements tragiques de Tunis, le Théâtre Massimo a proposé à la ville de Palerme la première étape d’un projet artistique, culturel et interreligieux, né de la collaboration entre l’UCEI (Union des communautés juives italiennes), l’Institut sicilien d’études hébraïques, l’Archevêché de Palerme, et la Coreis (Communauté religieuse islamique) italienne.

Les voix, les textes et les musiques des trois grandes religions nées dans le bassin méditerranéen ont résonné symboliquement en ce lieu laïc qu’est le Théâtre Massimo, l’un des plus grands d’Europe. Une rencontre qui a réuni pour la première fois Emil Zrihan, chanteur de la Synagogue d’Askhelon (Israël), Raimundo Pereiro, chanteur de la Chapelle Sixtine à Rome, ainsi qu’Abd al-Wadoud Gouraud de la mosquée de Cergy et membre de l’IHEI.

Devant un public de près de 500 personnes, chants et récitations des textes sacrés de l’islam, du christianisme et du judaïsme, autour de la figure du prophète Jérémie, se sont alternés avec la voix de la soprano Lia Battaglia pour interpréter des morceaux des Lamentationes Jeremiae Prophetae de trois compositeurs baroques.

Dans ses lamentations, le prophète Jérémie appelle le peuple de Jérusalem à se convertir à Dieu avant qu’il ne soit trop tard.

Au lieu des paroles humaines, ou trop humaines, qui ont souvent tendance à s’exprimer dans des discours tout théoriques, c’est aussi la Parole d’Allah révélée au Prophète illettré qui s’est manifestée à travers la récitation des versets de la sourate Ibrahim (XIV).

Les signes de Révélation dans la langue sacrée semblaient ainsi témoigner de la Réalité divine unique et de la Tradition primordiale par la vocation à la pureté d’adoration dans une intention de conversion constante à Dieu.

Ce projet du Théâtre Massimo, en collaboration avec les Conservatoires de Palerme et de Trapani, est particulièrement significatif dans une ville comme Palerme, comme en témoigne, entre autres, la réplique de la pierre tombale et ses inscriptions en quatre langues (hébreu, latin, grec byzantin et arabe) qui est conservée à la Zisa, à l’image de l’ouverture et du dialogue entre langues, cultures et religions dont la Sicile constituait un centre non seulement géographique, mais aussi intellectuel et spirituel.