Communiqué de presse


Les membres de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques, français de confession musulmane, expriment leur effroi, leur tristesse et leur indignation devant les odieux attentats qui nous ont frappés à Paris dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 novembre. Aucune justification, et surtout pas une justification religieuse, ne peut être trouvée à une telle violence destructrice. Les membres de l’IHEI expriment leur totale solidarité avec les victimes et leurs familles, et ils s’associent pleinement à l’appel à l’unité et à la fraternité de la nation, dans l’épreuve terrible qu’elle traverse.

L’IHEI travaille depuis plus de vingt ans pour tisser des liens de connaissance réciproque et de respect mutuel au sein de la société française, dans le respect des lois de la République. Plus que jamais, ces liens sont nécessaires afin de lutter contre l’obscurantisme, la haine et la barbarie. En dépit de ces circonstances tragiques, l’IHEI poursuivra avec résolution son engagement au service de la vérité et de la paix, dans la conviction qu’il faut construire un futur commun à l’humanité tout entière.

Le Monothéisme abrahamique contre le terrorisme


Le Shaykh Abd al-Wahid Pallavicini, à Assise, en 1986
Le Shaykh Abd al-Wahid Pallavicini, à Assise, en 1986

Les demandes de réciprocité, qui constituent l’arrière-plan ultime de tout discours sur l’islam, tentent d’opposer et de revendiquer des thèmes et situations qui se situent sur des plans différents, avec comme résultat de mettre en discussion le principe même de la liberté de religion. Mais si certaines questions restent sans réponses, citant René Guénon, « c’est parce que les questions sont mal posées ». Aujourd’hui, nous ne voudrions pas que l’absence de réponses ou de solutions à des questions qui ne sont pas d’ordre religieux, puisse également compromettre le dialogue et la connaissance réciproque des fidèles appartenant aux diverses communautés de croyants, en Occident comme en Orient. Ce ne sont certainement pas les trois Révélations du Dieu d’Abraham (‘alayhi-as-salâm) qui peuvent conduire au terrorisme, mais c’est leur instrumentalisation par ceux qui veulent en ignorer le message religieux et spirituel commun pour chercher à les mettre l’une contre l’autre, ou l’une au-dessus de l’autre, à des fins d’hégémonie politique ou de revendications ethnique, nationale ou territoriale.

 

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Notre temps et le temps de Dieu


La Déclaration conciliaire Nostra Aetate fête ses 50 ans, et, avec elle, le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, alors dénommé Secrétariat pour les non chrétiens, qui a été voulu par Paul VI parallèlement au Concile Vatican II. A travers l’institution d’un nouvel organe chargé des rapports avec les autres religions, ne s’agissait-il pas peut-être de donner une réponse concrète à la complexité du travail d’élaboration de la Déclaration qui avait suscité beaucoup de questions internes et demandé plusieurs compromis ?

Dans l’expression « non chrétiens » réside, à mon sens, un problème de fond qui ressort du texte conciliaire. Après plusieurs années de relations intenses avec le Vatican, nous avons réussi à obtenir au moins que soit modifié le nom du Secrétariat. La centralité du Christianisme, qui est réaffirmée chaque fois que le texte de Nostra Aetate mentionne une autre religion, l’hindouisme, le bouddhisme, le judaïsme et l’islam, risque de faire la part belle à ces tendances exclusivistes que les pères conciliaires entendaient justement réfuter à travers cette Déclaration.

 

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