Il faut enseigner la différence entre explication et manipulation de la doctrine religieuse

article paru le 29/10/20 sur le journal web Alma & Georges


La réforme scolaire suisse oblige à repenser la manière d’enseigner le fait religieux et la diversité religieuse. En marge du colloque « L’Islam en classe » organisé par l’Unifr les 6 et 7 novembre, le spécialiste Yahya Pallavicini explique pourquoi l’éducation interconfessionnelle est une piste de travail prometteuse. [...]

 

Comment l’éducation interconfessionnelle peut-elle contribuer à prévenir la propagation du fanatisme, de la violence ou de la haine ?

 

Globalement, il s’agit de mettre en évidence les moments de l’histoire où les crises se sont mélangées au fait religieux pour générer des conflits. Dans l’histoire récente, on trouve de nombreux cas de discrimination des minorités religieuses : outre celui – tristement célèbre – de la Shoah, on peut citer l’exemple des Rohingyas en Birmanie et des Ouïghours en Chine. A l’inverse, il est tout aussi important de reconnaître et de montrer les moments où l’interconfessionnalité a permis d’aller de l’avant, de nouer ou renouer le dialogue. Les jeunes Européens savent-ils que plusieurs pays arabes, dont le Maroc, ont offert la citoyenneté à de nombreuses familles juives ? Au fil des siècles, il y a eu des guerres fratricides. Or, le problème n’est pas d’avoir un frère différent. Ce qui compte, c’est d’arriver à coopérer avec ce frère différent. La culture du dialogue est essentielle et elle doit servir de fil rouge à l’éducation interconfessionnelle. [...]

 

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Communiqué de presse


Gap, le 29 octobre 2020,

 

Les membres de l’Institut des Hautes Études Islamiques assurent de leurs prières et de leur soutien les victimes de l’attentat terroriste qui a frappé la basilique Notre-Dame de Nice, ainsi que leur famille et l’ensemble de la communauté chrétienne.

 

Ce crime abominable commis à l’encontre d’hommes et de femmes venus se recueillir en un lieu de prière, à quelques jours de la fête de la Toussaint et le jour même de la célébration du Mawlid al-Nabi qui commémore la naissance du Prophète Muhammad pour les musulmans, est une profanation et une violation de ce qu’il y a de plus sacré aux yeux des croyants véritables.

 

Il s’agit là d’une tentative proprement diabolique de diviser la Nation, d’attiser la haine, et de monter les chrétiens et les musulmans les uns contre les autres.

 

Nous, membres de l’Institut des Hautes Études Islamiques, dénonçons et désavouons les actes et les propos de ces individus qui tentent de masquer leur criminalité et leur folie sous couvert de l’islam.

 

Nous appelons les politiques, l’opinion publique et l’ensemble de la société civile à ne pas céder aux amalgames, et à avoir le discernement nécessaire pour distinguer entre les croyants véritables et les imposteurs, entre des citoyens musulmans vivant leur foi dans la paix et la dignité, et une bande de criminels.

 

Nous partageons la détermination de la Conférence des évêques de France qui a dénoncé une « menace traître et aveugle », en rappelant qu’il est «  urgent que cette gangrène soit stoppée comme il est urgent que nous retrouvions l’indispensable fraternité qui nous tiendra tous debout face à ces menaces  ».

 

Cette prise de conscience partagée va nécessairement dans le sens de la récente encyclique du pape François «  Tous Frères  », qui s’inscrit elle-même dans l’esprit de la déclaration islamo-chrétienne d’Abu Dhabi de 2019 pour la paix mondiale et la coexistence commune.

 

Il nous appartient de continuer à témoigner des liens spirituels et fraternels qui nous unissent tous.

 

Yahya Pallavicini, président IHEI

Abd al-Haqq Guiderdoni, directeur IHEI

Dignité et responsabilité des citoyens musulmans

dans la République

article paru le 26/10/20 sur le journal web La Croix


Le crime barbare qui a coûté la vie à Samuel Paty, le 16 octobre dernier, illustre de manière tragique les conséquences d’une manipulation de l’islam à des fins personnelles et idéologiques.

Les terroristes qui tuent prétendument pour la cause de l’islam profanent et le nom de Dieu et le caractère sacré de la personne humaine. « L’être humain est l’édification de Dieu, maudit soit celui qui la détruit ! », dit le Prophète Muhammad.

 

L’émotion qui a saisi notre pays est légitime, mais, au-delà de cette émotion, tout doit être fait pour que de tels crimes ne se reproduisent plus. Cela suppose de réfléchir pour préparer l’avenir.

 

Dans son discours du 2 octobre 2020 sur la lutte contre les séparatismes, le président de la République a présenté les cinq axes d’une stratégie visant à susciter un « réveil républicain » face aux dangers de « l’islamisme radical ». Il a rappelé à cette occasion qu’il ne s’agissait pas « de viser ceux qui veulent croire en l’islam et sont pleinement citoyens de notre République ».

 

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AbdAllah Yahya Jean-Michel Darolles, vice-président, Abd al-Karim Patrick Turnley, secrétaire général, Abd al-Haqq Ismaïl Bruno Guiderdoni, directeur, Abd al-Wadoud Yahya Jean Gouraud, IHEI-Ile-de-France, Abd ar-Rahim Daniel Giovacchini, trésorier, IHEI-Ile-de-France, Abd al-Qayyoum Christophe Guerre-Genron, IHEI-Hauts-de-France, Abd ar-Rashid Marc Bossa, IHEI-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Abd al-Qouddous Jibril Christophe Gouraud, IHEI-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hadja Kharchouche, IHEI-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jawad Bossa, IHEI-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Fatiha Agnès Barthélémy, IHEI-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Amina Catherine Ritting, IHEI-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Abd ar-Rahman Gilles Gastou, IHEI-Bretagne, Farah Anne Le Signor, IHEI-Bretagne, Ahmad Gastou, IHEI-Bretagne, Ikhlas Jie Yang, IHEI-Ile-de-France

communiqué de presse


Gap, le 18 octobre 2020

 

Les membres de l’Institut des Hautes Études Islamiques expriment leur effroi face au crime barbare qui a coûté la vie au professeur Samuel Paty, vendredi 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine. Notre compassion, notre soutien et nos pensées vont à la victime, à sa famille, ainsi qu’à l’ensemble du corps enseignant en France.

 

Nous condamnons fermement cet acte ignoble qui ne saurait aucunement être associé, de près ou de loin, à l’islam. Les terroristes qui tuent aveuglément, prétendument pour la cause de l’islam, profanent et le nom de Dieu et le caractère sacré de toute personne humaine. « L’être humain est l’édification de Dieu, maudit soit celui qui la détruit ! », dit le Prophète Muhammad.

 

« Face à la haine aveugle et la folie meurtrière, nous devons rester unis et solidaires sans jamais tomber dans le piège de la division tendu par ces agents du mal. Il faut aussi éviter de stigmatiser les Français de confession musulmane qui ne sont en rien responsables — ni de manière directe, ni de manière indirecte — de cette situation dramatique », ont rappelé le Conseil des Mosquées du Rhône (CMR) et le Conseil Théologique des Imams du Rhône (CITR), dimanche 18 octobre 2020, à la grande mosquée de Lyon, lors d’une réunion extraordinaire présidée par le recteur Kamel Kabtane, en présence du directeur de l’IHEI, Abd al-Haqq Guiderdoni.

 

L’Institut des Hautes Études Islamiques soutient l’appel lancé, samedi 17 octobre 2020, par le Conseil Mondial des Communautés Musulmanes (TWMCC), dont le président de l’IHEI, Yahya Pallavicini, fait partie en tant que membre du conseil exécutif, et qui a affirmé la nécessité « d’immuniser les communautés musulmanes contre la menace de la propagation du discours religieux intégriste et des agissements des tendances extrémistes, et de travailler sincèrement avec les organismes modérateurs de l’islam afin de consolider la cohésion nationale fondée sur le respect mutuel et la tolérance ».

 

Nous poursuivrons nos efforts, dans cette perspective, pour promouvoir la réalité d’un islam universel, spirituel et citoyen, engagé dans le dialogue interreligieux, et respectueux des valeurs et des lois de la République.

Par-delà le voile


Comme l’actualité récente le montre à nouveau, la question du « voile islamique » ne cesse d’alimenter et d’agiter de façon récurrente le débat public, politique et médiatique, accompagnée de son lot habituel d’amalgames et de stéréotypes négatifs qui ne font le plus souvent qu’attiser une hypersensibilité laïciste face à ce qui est assimilé, abusivement et à tort, comme un signe ostentatoire d’asservissement de la femme et un outil de propagande islamiste.

Par-delà le voile

Fatiha Darolles