Bonnes fêtes de Pesach et de Pâques


Libération et Résurrection sont deux termes avec des significations qui ont leurs spécificités providentielles dans la tradition juive et chrétienne, et qui ne peuvent donc être assimilés avec les doctrines et les langages des autres communautés.

 

Le respect de cette célébration sacrée et de cette spécificité providentielle représente sûrement une méthode de rapprochement fraternel qui permet la découverte d'un mystère et d'une identité doctrinale supérieure et bénie entre juifs, chrétiens et musulmans.

 

Eviter autant les associations artificielles que les divisions exaspérées correspond à une discipline spirituelle qui nous permet de cultiver la profondeur de la fraternité, indissociable du respect de l'Unité et des différences.

 

Dans les langages des maîtres du monothéisme du Patriarche Abraham, on peut néanmoins trouver des convergences extraordinaires qui donnent une lecture à la fois universelle et particulière de certains termes et circonstances de la vie.

 

Cette fête devient ainsi une occasion pour redécouvrir sa propre famille spirituelle mais aussi pour reconnaître, respecter et souhaiter tout le bien aux frères et sœurs des autres familles du Dieu Unique.

 

Qu'il me soit permis, dans cet esprit, de me rapprocher de vos fêtes saintes, et de prier afin que mes frères et sœurs dans l'islam puissent saisir cette occasion pour réfléchir au moins sur les enseignements que la doctrine islamique transmet sur la Libération et sur la Résurrection. Nous avons tant besoin de Libération comme anticipation de cette Résurrection spirituelle !

 

Nous pensons à certains signes de destruction qui ont frappé des villes symboliques comme Saint Petersburg en Russie ou Tanta en Egypte, où la violence criminelle a tué des hommes et des femmes au centre du témoignage du christianisme orthodoxe et copte. Il s'agit pour nous de deux familles spirituelles de grande tradition et qualité, auxquelles nous adressons nos prières et nos vœux.

 

Ceux qui ont organisé ces actions ne sont pas musulmans, ce sont des individus sans foi, sans espérance, sans charité, sans justice, sans éducation, sans amour, sans connaissance, des individus sans Dieu et contre la Vérité, l'Intelligence et la Liberté de la Religion.

 

Les signes de la crise provoquent d'autres conflits armés et militaires dans la décadence de certains politiciens et dans la corruption de certains gouvernants. Cependant, les autorités religieuses et la majorité des personnes honnêtes et cohérentes avec la sensibilité spirituelle, culturelle et civile savent trouver la force pour apporter une réflexion critique et constructive, renouveler notre engagement pour le bien, et développer notre collaboration fraternelle, en apportant une consolation concrète à ceux qui essaient de survivre face à la misère.

 

Meilleurs vœux pour une Sainte Pâque et Pesach à nos frères et sœurs du christianisme et du judaïsme.

 

Yahya Pallavicini,

Président, Institut des Hautes Etudes Islamiques

Musulmans et chrétiens s’unissent pour demander des ponts, non des murs


7 février 2017 - Tandis que nous célébrons la Semaine Mondiale de l’ONU pour l’harmonie interreligieuse, la communauté religieuse islamique italienne (CO.RE.IS), association sœur de l'IHEI en Italie (N.D.L.R.), et le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) considèrent que le décret du président Trump sur l’immigration et les réfugiés est un affront à nos valeurs communes musulmanes et chrétiennes et une répudiation de notre humanité partagée. Le décret est discriminatoire et met en péril les relations chrétiennes-musulmanes. Il viole une obligation fondamentale de nos traditions religieuses : « Aimez l’étranger car au pays d’Egypte vous fûtes des étrangers » (Dt. 10,19) et ne va pas au but de la même existence de l’humanité sur la Terre suivant les paroles du Coran : « Ô humanité, Nous vous avons créée d’un mâle et d’une femelle et Nous avons fait de vous les peuples et les nations, pour que vous vous connaissiez les uns les autres » (Coran, 49 :13)

 

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Colloque à l'Assemblée Nationale - 30 novembre 2016 : 9h - 13h

Environnement et développement durable dans le monde euro-méditerranéen :

approches interculturelles


Dans le cadre de la préparation des sessions de la Conférence des Parties des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21 de Paris en 2015, COP22 de Marrakech en 2016), de nombreuses voix se sont fait entendre pour défendre les politiques de protection de l’environnement en les enracinant dans des contextes marqués par des valeurs, des histoires, et des cultures variées. C’est ainsi que l’on a pu récemment lire les plaidoyers environnementaux de l’encyclique papale « Laudato Sì », ou de la

« Déclaration islamique sur le changement climatique global ». Deux tables rondes permettront d’identifier les aspects culturels de la protection de l’environnement autour du bassin euro-méditerranéen, et de proposer des pistes pour faciliter les politiques publiques favorables à l’environnement dans des contextes culturels différents.

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Une vie à la recherche de la Vérité

Le Shaykh Abd-al Wahid Pallavicini a eu 90 ans


Les membres de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques sont heureux de célébrer le quatre-vingt-dixième anniversaire de leur Président d’honneur, le Shaykh Abd-al-Wahid Pallavicini. A cette occasion, il leur paraît important de retracer brièvement son exceptionnel itinéraire intellectuel et spirituel.

 

« Rien de personnel » a pourtant déclaré le Shaykh Abd-al-Wahid Pallavicini à la délégation qui venait le féliciter. Une formule qui résume une vie entière à la recherche d’une Vérité qui nous dépasse tous. Ce maître spirituel de 90 ans, dont 65 ans passées en tant que musulman italien, est le premier de l’époque contemporaine à avoir donné le témoignage d’un parcours de l’islam en Occident, à avoir rapporté, avec force et patience, la spiritualité islamique en Italie 700 ans après Frédéric II et les échanges intellectuel du Moyen Âge, et à avoir influencé profondément la vie de plusieurs générations de disciples.

 

Cet anniversaire n’est donc pas seulement celui d’un maître qui a de nombreuses années de vie derrière lui, mais c’est aussi l’anniversaire de ces disciples, membres d’une communauté musulmane composée d’italiens et de français, unis solidement par la circulation d’une bénédiction liée à l’hérédité spirituelle.

 

De ses voyages en Orient, le Shaykh Abd-al-Wahid a rapporté en Europe ce sens de la spiritualité universelle qui « conquiert l’Orient sans perdre l’Occident, et, dans le règne du fanâ’ [l’extinction mystique en Dieu], atténue les frontières géographiques », selon les mots qui lui ont été adressés depuis Jérusalem par le Rabbin Daniel Sperber. Une spiritualité vivifiée par l’appartenance au courant le plus intérieur et le plus contemplatif de l’islam orthodoxe, le soufisme, depuis lequel le Shaykh Abd-al-Wahid déploie son œuvre infatigable de témoignage et d’enseignement en tant que Maître autorisé de la tarîqa Ahmadiyya Idrîssiyya Shâdhiliyya.

 

Comme reflet extérieur nécessaire d’une concentration sur l’intérieur, il a donné vie, depuis le début des années 1980, en Italie et en France, au Centre d’Etudes Métaphysiques de Milan, puis à notre l’Institut des Hautes Etudes Islamiques en 1994, et à la Communauté Religieuse Islamique Italienne (CO.RE.IS). Un parcours progressif « de la culture au culte », nécessaire dans un Occident qui a perdu le sens de la religion et de la doctrine, et où ces associations représentent aujourd’hui des centres de formation et d’action pour que la tradition islamique soit vécue dans son authenticité, et préservée de toute contamination politique et idéologique. Un enjeu fondamental dans le contexte difficile que connaît notre pays.

 

Au cours de trente ans d’activité publique, le témoignage des principes éternels et la civilisation traditionnelle et interculturelle islamique, dans la conscience de l’unicité du Monothéisme abrahamique, a naturellement conduit à un dialogue constant avec la communauté juive et avec l’Eglise catholique, depuis la première rencontre interreligieuse d’Assise en 1986, où, sur l’invitation du Pape Jean-Paul II, le Shaykh Abd-al-Wahid a fait partie de la délégation des représentants musulmans.

 

Les membres de l’IHEI et les disciples renouvellent tous leurs vœux au Shaykh Abd-al-Wahid, à l’occasion de ses 90 ans qui représentent un modèle de foi et de courage pour les nouvelles générations de musulmans européens.